L’agilité est maintenant très connue. Attirées par toutes ses promesses, de nombreuses sociétés, notamment des SSII, tentent une adoption trop timide, en préférant souvent conserver au maximum leur contexte en place plutôt que de tenter de le modifier pour tirer pleinement partie des promesses de l’agilité.
Le cas le plus flagrant est sans doute l’association douteuse du forfait et de l’agilité. Le souci, c’est que la définition même du forfait implique une distance, voire une barrière infranchissable, entre le fournisseur de service et le client. Une équipe sans l’implication du client pourra pousser la qualité au maximum, elle livrera certes une application solide, mais qui passera probablement complètement à côté du besoin. Ce n’est finalement peut-être pas un hasard si le manifeste agile est composé de 25% de notions techniques contre 75% de communication.
Fort de cette réflexion, nous nous sommes alors posé l’éternelle question de l’oeuf ou la poule : doit-on d’abord adopter les pratiques techniques et, une fois que nous sommes solides, partir en chasse de clients ouverts; ou bien, comme le préconise Scrum, doit on d’abord adopter son client (c’est beau), et acheter les pratiques techniques pour faire le ménage chez soit afin de satisfaire encore mieux un invité de marque.
Il est important de rappeler et de souligner que les méthodes agiles ne sont pas centrées sur le seul fournisseur du logiciel, c’est à dire, pour le réduire à son strict minimum, un manager et une équipe de développement. Ces tentatives managériales envoutées par les promesses séduisantes des sirènes de l’agilité sont malheureusement vouées, nous avons pu le constater trop souvent autour de nous, à l’échec. L’implication du client est primordiale, les développeurs suivront immanquablement si celui-ci prend part activement aux rituels de l’équipe.
Crédit photos: The Little Mermaid… / Klearchos Kapoutsis via Flickr CC License By
Guillaume
19 août 2010["L'implication du client est primordiale"]
Cette phrase devrait figurer en préambule de tout discours prônant l’agilité.
Jusqu’à maintenant, toute la pub autour des méthodes agiles a été faite à l’envers. On a vendu du rêve aux responsables d’équipes sur le mode :
« Faites de l’agilité !
Votre équipe sera hyper-productive.
Elle livrera avec une réactivité sans pareille.
Et une qualité inégalée.
Votre client sera heureux. »
Cela peut devenir vrai à un point très avancé sur le chemin de l’agilité, mais vouloir faire passer ce seul message est à la fois incomplet et dangereux pour les méthodes agiles car ça ne marche pas, et les gens s’en aperçoivent.
Voici ce qu’il faudrait plutôt vendre en premier (au client) :
« Devenez agile !
Pour avoir un logiciel taillé au plus près de votre réalité métier,
Placez-vous au coeur de son processus de construction.
Soyez impliqué dans chaque étape de son amélioration continue.
Jour après jour, modelez le produit en étroite collaboration avec l’équipe de réalisation.
Ce sont des professionnels du développement logiciel, assurez-les de votre confiance.
Forts de cette cohésion et de ce but commun, les gens seront heureux de travailler sur le projet.
Et à tout instant, vous disposerez du logiciel recélant le plus de valeur métier pour vous. »
Jean-Baptiste
23 août 2010Content de voir que nous sommes d’accord
Comment ça se passe d’ailleurs à ce niveau là chez Valtech si ce n’est pas indiscret?
Guillaume
23 août 2010Au niveau de la façon dont l’agilité est vendue au client, je ne saurais te dire, n’ayant pas encore été impliqué dans un tel projet. Ce livre blanc te permettra peut-être de te faire une idée : http://www.valtech.fr/etc/medialib/library/it_consulting/fr/Livres_Blancs.Par.50587.File.dat/VALTECH_LivreBlancAgile_BDv1.3.pdf